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I.Il ne s'agit pas de politique. Encore moins de polémique.
par Stéphane Landowski, résident de Yangon. Chargé de mission à l'ambassade de Rangoun, Source : blog Hervé Flejo
« La Birmanie traverse une crise humanitaire d'une ampleur dramatique.
Alors que des centaines de milliers de personnes attendent désespérément d'être secourues, il faut mettre de côté les discours politiciens, ne céder aucune place aux tentatives de récupérations de la catastrophe par les institutions officielles. Il s'agit d'aider un peuple meurtri. Il s'agit de fournir rapidement une assistance massive à une région sinistrée. Il s'agit de défendre la vie.
La Birmanie n'est pas capable aujourd'hui de pourvoir elle-même à ses besoins. Elle a besoin de votre aide, de notre aide, de notre aide à tous. La situation est urgente. C'est une course contre la montre. Il n'y a pas une minute à perdre. Il faut accéder aux populations coupées du monde, fournir en eau, en nourriture et en médicament des villages entiers. Il va falloir reconstruire des milliers de maisons, remonter des milliers de charpentes. Réconforter des milliers d'existence. Montrer aux birmans qu'ils ne sont pas seuls.
C'est en apportant chacun un peu, en solidarisant nos moyens et nos volontés que nous parviendrons à panser les plaies, à éviter « une catastrophe dans la catastrophe». Une semaine après le passage du cyclone Nargiss, la Birmanie nécessite plus que jamais un soutien sincère et fort de notre part. Chaque jour, les bilans faisant état du nombre de morts et de sans-abris augmentent de façon exponentielle.
Le peu d'équipes humanitaires déjà sur place accomplissent un travail remarquable, dans l'urgence et le manque de moyens. Aujourd'hui, la situation est grave. A nous de faire en sorte que le pire soit derrière nous. Que demain voit la crise s'éloigner. Il ne s'agit pas de politique. Pas maintenant. Il s'agit de sauver des vies.
Seulement de sauver des vies. »
II.
Une ouverture de la junte alors que les pluies de moussons battent leur plein ?
RANGOUN
(Reuters, 14/05/2008, 10h51 GMT, Aung Hla Tun) - "La junte au pouvoir en Birmanie, en proie à une pression internationale croissante pour ouvrir en grand ses portes à l'aide humanitaire, a envoyé
mercredi un premier signe d'espoir tout relatif en autorisant 160 travailleurs humanitaires asiatiques à pénétrer dans le pays.
Une goutte d'eau en rapport aux milliers de travailleurs humanitaires étrangers qui attendent l'ouverture des frontières birmanes pour lancer une opération de grande ampleur.
LA
THAÏLANDE TENTE UNE MEDIATION AVEC LA JUNTE
Le Premier ministre thaïlandais, Samak Sundaravej, a quitté Bangkok, mercredi, à destination de Rangoun, où il espère convaincre son homologue birman, Thein Sein, d'ouvrir les portes du pays à
l'aide internationale.
L'inquiétude inspirée par le sort des 1,5 million de victimes s'accroît à l'étranger, les Nations unies et des pays occidentaux ayant laissé entendre que les sinistrés étaient peut-être victimes de détournements de l'aide qui leur est destinée.
D'après des experts, les sinistrés ne recevraient qu'un dixième de l'aide nécessaire dans le delta de l'Irrawaddy.
"C'est affreux. Les gens sont dans un besoin désespéré, ils prient lorsque des véhicules passent à proximité", a témoigné à Reuters Gordon Bacon, coordinateur du Comité de secours internationaux, par téléphone depuis Rangoun. Les rescapés de Nargis, confrontés au manque d'eau, de nourriture et de conditions d'hygiène élémentaires, sont sous la menace d'épidémies comme le choléra.
DÉTOURNEMENT
DE L'AIDE ?
S'exprimant lors d'une conférence de presse à New York, la porte-parole de l'Onu, Michele Montas, a dit mardi craindre qu'une partie de l'aide fournie à la Birmanie ne bénéficie en fait à des
Birmans épargnés par le cyclone Nargis.
L'ambassadeur de Grande-Bretagne auprès de l'Onu, John Sawers, a dit à la presse que Londres avait aussi eu vent d'informations selon lesquelles une partie de l'aide était détournée.
"De retour d'une expédition à Bogalay, où au moins 10.000 personnes ont trouvé la mort, un homme d'affaires birman a dit à Reuters, en requérant l'anonymat, que l'armée s'appropriait directement l'aide humanitaire internationale.
A Bruxelles, l'Union européenne a appelé la junte militaire à autoriser la venue de travailleurs humanitaires pour aider les sinistrés afin de leur éviter une "tragédie encore plus grande" et la France a appelé l'Onu à agir, même sans l'accord de la junte, au nom du principe onusien de la "responsabilité de protéger". L'Espagne a jugé que si la junte persistait dans son refus de laisser entrer davantage d'aide humanitaire, cela reviendrait à se rendre coupable d'un crime contre l'humanité".
UN CONTROLE SANS FAILLE DES HUMANITAIRES SUR PLACE (Le Monde, 17.05.2008)
"Bloquées à Rangoun, les ONG n'en sont pas moins autorisées à poursuivre leurs activités, mais selon les strictes modalités imposées par la junte. Au total, elles sont une vingtaine à être autorisées à travailler. Parmi elles, la Croix-Rouge, Médecins sans frontières, World Vision, les agences des Nations unies. La plupart étaient actives dans le pays avant le typhon. Les organisations arrivées depuis n'ont toujours pas obtenu d'autorisation.
Jeudi 15 mai, dans une discrète villa du centre-ville qui leur sert de QG, des volontaires d'Action contre la faim (ACF) s'affairent tout de même. Peu après le passage du typhon, ACF était l'une des rares organisations présentes à Bogalay, l'une des principales villes touchées dans le delta. "Mais rapidement, les militaires nous ont fait comprendre que l'on n'était pas les bienvenus", raconte un responsable de l'association. Ils ont dû partir.
Installées dans des maisonnettes ou des chambres d'hôtel réquisitionnées, avec des liaisons Internet imprévisibles et des connexions téléphoniques hésitantes, les ONG s'inquiètent aussi du vrai "trou noir" que constitue le rôle de l'armée birmane. Cette dernière entend décharger et distribuer elle-même des dizaines de tonnes de matériel ou de nourriture acheminés jusqu'en Birmanie par l'aide internationale. La presse et la télévision birmanes relaient ensuite largement l'action de la junte. Mais nul ne sait ce qu'il advient réellement de cette aide. "Aujourd'hui, une fois que les camions sont partis, on a beaucoup de mal à savoir exactement comment tout est distribué", lâche un responsable humanitaire d’ACF".
III. Une victoire pour la junte ?
LA
JUNTE IMPAVIDE, par Renaud Egreteau (Le Monde, 16.05.2008)
"Les
deux crises majeures que la junte birmane vient de subir à quelques mois d'intervalle l'ont paradoxalement renforcée face au monde extérieur. Ni lors de la "fronde safran" menée par les moines
bouddhistes en septembre 2007 ni aujourd'hui, après le drame humanitaire provoqué par le cyclone Nargis, la communauté internationale n'a été
capable de faire fléchir des généraux birmans ainsi confortés dans leur attitude xénophobe. Exploitant parfaitement l'ostracisme, notamment occidental, dont ils sont l'objet
depuis deux décennies, les dirigeants birmans se replient derrière un masque isolationniste bien commode dès qu'une pression internationale se monte contre eux".
D’APRES I-TELE :
ET EN PLUS ILS SE FOUTENT DE LA GUEULE DU MONDE :
La junte militaire birmane a emmené, samedi 17 mai, pour la première fois, des diplomates en poste à Rangoun et des représentants de l'ONU vers des zones du delta de l'Irrawaddy dévastées le 3 mai par le cyclone Nargis."Ils ne nous ont pas montré l'ensemble du tableau", a raconté Chris Kaye, directeur local du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies. "Je me suis rendu à trois endroits et il y avait au maximum de 250 personnes dans chacun" de ces camps de rescapés, a-t-il expliqué. On sait simplement que des diplomates occidentaux et un autre japonais ont été invités à participer à ce voyage. Avant leur départ samedi, l'un des diplomates avait indiqué "ne pas s'attendre à avoir une image réelle et complète (de la situation humanitaire) et à bénéficier d'une quelconque liberté pour voir ce que nous voudrions voir".
IV. La communauté internationale condamne…
"Les condamnations se multiplient contre le refus de la Birmanie de laisser l'aide humanitaire parvenir aux deux millions de survivants du cyclone Nargis. Samedi, le premier ministre britannique
a dénoncé "le traitement inhumain du peuple birman par un régime qui n'agit pas et n'autorise pas la communauté internationale à faire ce qu'elle veut faire". Dans une lettre adressée aux
dirigeants américain, anglais et français, appelant le Conseil de sécurité de l'ONU à agir, le prix Nobel de la paix
Desmond Tutu a accusé la Birmanie d'avoir "déclaré la guerre à sa
propre population" et de "commettre des crimes contre l'humanité,
reprenant en cela une expression déjà utilisée jeudi par le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner. Enfin, en représailles, le président George W. Bush a décidé de prolonger d'un
an les sanctions prises contre la junte birmane tout en assurant que cela n'affectait pas l'aide américaine aux victimes du cyclone Nargis". (Source :
http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2008/05/17/la-junte-birmane-bloque-les-humanitaires-occidentaux-dans-rangoun-a-l-ecart-des-zones-les-plus-sinistrees_1046260_3216.html#ens_id=1041037)
Conclusion : Tout est dit.
Je le dis comme je le pense, honte sur nous, pays occidentaux défenseurs des droits de l’homme, si nous condamnons la junte birmane
mais nous résolvons en parallèle à laisser plus de 2,5 millions de vies s’éteindre.
Louis Michel, commissaire européen au développement, a justement déclaré : "Les relations entre la Birmanie et la communauté internationale sont difficiles. Mais ce n'est pas mon problème. Le temps n'est pas aux discussions politiques. Il est temps d'apporter de l'aide pour sauver des vies".
A person’s a person, no matter how small (Dr Seuss).
GO NOW TABARN***!
"C'est une vaine ambition que de
tâcher de ressembler à tout le monde, puisque tout le monde est composé de chacun et que chacun ne ressemble à personne."
(André Gide)
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