Bonsoir à tous,
C'est dans le désarroi le plus total que j'écris cet article de plus.
Je viens de recevoir un nouvel appel à l'aide de mon ami Zaw, avec qui je viens de m'entretenir en direct par mail.
La situation est plus qu'urgente.
Pour ceux qui découvriraient ce blog, je tiens à préciser que cette source est plus que sûre, puisque j'ai moi même été en Birmanie l'année dernière et ai cotoyé ce jeune homme de près. Je vous
renvois à mes articles précédents, tous contenus dans le chapitre "BIRMANIE". Je ne prétends pas être une référence en matière d'objectivité, cependant, la valeur que j'accorde à
l'humain ne pourra pas être remise en cause. Tout au moins, vous aurez une vision assez globale des enjeux, politiques, diplomatiques, et humains, qui se jouent en ce moment en Birmanie.
Voici le mail en question :
"bonjour lucie,
je veux que tu va envoyer ce message les ongs,l'onu,EU commision etc,... à tous les medias.
Le gouvernement avait interdi avec force tous les groupes humanitaires qui veulent aider les victimes.Ils n'ont en rien aider les gens,au contraire ils ont garde les materiaux.Et plus,on peut
trouver les aides sur le marche noir!!
.Et comme un group revien des aides humanitaires,et a ce moment,les victimes lui a demande en distriburant
les choses "tu vas reprendre ce soir?"ca veut dire le gouv fait comme ca(les bandites et menteurs).Et les tantes pour abriter les victimes, il ne les a pas donne et mais ils ont demande leur
gens, et mis dedans en filmant .Enfin,on peut trouver ca sur myanmar TV. Les victimes avaient mm pris les vetements des cadavres puisqu'ils n'ont rien.
Dans un de ces villages,il'n'y a qu'un seul pot pour cuisiner mais il a un trou au fond!!!
Quand on va aider les gens,on doit depasser les villes.et il demande des sous ou bien les materiaux des victimes et quand on arrive la fin,c'est les gens du gouv demandent ces choses pour mettre
dans leur main.Et puis ils choisissent ou prennent tout.
On veut que l'onu va entrer dans la Birmanie avec force
C'est la fin de ma lettre.
Je veux que vous aller envoyer ce message en corrigant les fautes et en le traduisant en plusieurs langues pour que le monde en savoir
merci lucie"
En clair :
LES MILITAIRES
N'ONT REDISTRIBUE AUCUNE AIDE HUMANITAIRE, QUE CE SOIT EN NOURRITURE, OU EN MATERIEL DE SURVIE A L'APPROCHE DES PROCHAINES PLUIES DE MOUSSON.
LA CHAINE DE TELEVISION D'ETAT DIFFUSE DES INFORMATIONS MENSONGERES MONTRANT RIEN D'AUTRE QUE DES MILITAIRES QUI JOUENT LE ROLE DE SINISTRES QUI AURAIENT BENEFICIE D'AIDES. On nage en pleine
propagande.
LES VICTIMES, DANS UN DENUEMENT TOTAL, N'ONT POUR AUTRE CHOIX QUE DE SE COUVRIR DES ORIPEAUX DES CADAVRES QUI LES ENTOURENT.
LA CORRUPTION NE FAIBLIT PAS : A CHAQUE SORTIE DE VILLE, LES MILITAIRES MONNAIENT LE DROIT DE PASSAGE DES BIRMANS QUI PRENNENT LE RISQUE D'AIDER LES LEURS, EN PUISANT TOUT OU PARTIE DE L'AIDE
DESTINEE AUX SINISTRES.
AU NOM DE SON PEUPLE, MON AMI, ZAW, QUI COMPTE SUR MOI, QUI COMPTE SUR NOUS, DEMANDE UNE INTERVENTION DE L'ONU DANS LES MEILLEURS DELAIS, PAR LA FORCE SI
NECESSAIRE.
Je re-citerai Aung San Suu Kyi : "Use your freedom to promote ours".
Nous qui avons la chance de vivre en démocratie, nous nous devons de défendre la cause de ce peuple, dont la démocratie a été volée. Chacun à notre niveau, nous pouvons faire quelque
chose, à commencer par relayer cet appel à l'aide.
A ceux qui m'ont dit ces derniers jours trouver mon action admirable, je vous réponds qu'il n'y a rien d'admirable à croire que plusieurs grains de sable mis ensemble peuvent changer les choses.
Beaucoup m'ont dit préférer faire un don financier plutôt que de s'impliquer autant que je le fais. Je vous invite donc à participer à l'action menée par Monsieur Hervé Flejo, homme français
marié à une femme birmane, résidant à Rangoon, et qui recherche des fonds, après avoir épuisé ses ressources personnelles, pour venir en aide aux sinistrés :
http://aidebirmanie.blogspot.com/
Monsieur Flejo, si vous me lisez, sachez que je soutiens votre initiative de tout mon coeur.
Ne restons pas sourds à ces appels à l'aide, il est de notre devoir, nous qui sommes libres, nous citoyens de pays qui ont à coeur la défense
des droits de l'homme, d'empêcher que le cyclone NARGIS ne dérive en GENOCIDE PAR NEGLIGENCE.
Le temps n'est plus aux grands discours : il ne faut plus seulement condamner, désormais, il faut AGIR.
Enfin, merci à tous ceux qui m'ont manifesté des marques de soutien jusqu'à aujourd'hui : il suffit parfois de quelques mots, de lueurs d'intérêt dans les regards, pour regonfler un corps entier
d'espoir. Le plus sincèrement du monde, merci.
Commentaires
Salut Lucie, voilà la situation diplomatique...
Réunis à Bruxelles, mardi 13 mai, pour évoquer la situation en Birmanie, les ministres européens chargés du développement n'ont pas retenu l'idée, présentée par la France, d'appliquer à la situation des victimes du typhon Nargis la notion de "Responsabilité de protéger", reconnue par l'ONU. Ils ont estimé que le moment n'était pas venu de brandir une telle menace, et jugé préférable de rassurer la Birmanie en insistant sur le caractère humanitaire de leur démarche. Ils ont appelé le régime birman à offrir aux travailleurs humanitaires "un accès libre et sans entrave".
A l'ONU, l'approche de M. Kouchner est vivement critiquée par Edward Luck, le conseiller spécial du secrétaire général, Ban Ki-moon, pour la responsabilité de protéger. Le ministre français a causé "des dégâts considérables au sein de l'ONU" pour ceux qui tentent de "rallier les Etats membres" à ce concept naissant, a déclaré mardi M. Luck au Monde. Selon ce responsable, M. Kouchner n'a "pas rendu service à la cause" qu'il défend, en utilisant de manière "impropre" un concept prévu pour protéger les populations menacées des crimes les plus graves.
Le concept de "Responsabilité de protéger" avait été approuvé par l'Assemblée générale de l'ONU en 2005 pour faire face aux cas de "génocide, crimes de guerre, nettoyage ethnique et crimes contre l'humanité". Le texte affirme que "c'est à chaque Etat qu'il incombe de protéger les populations" et prévoit l'invocation du chapitre VII de la Charte de l'ONU, qui peut autoriser l'usage de la force. Il ne fait nullement référence à des situations de catastrophes naturelles.
"INTERPRÉTATION EXTENSIVE"
M. Kouchner a certes "rendu service en attirant l'attention sur la tragédie birmane", dit M. Luck, mais il a aussi donné une "application erronée" au concept, rendant "les choses plus difficiles" pour ceux qui tentent de convaincre les pays en développement que l'objectif n'est pas de leur imposer une vision occidentale interventionniste des droits de l'homme. "Nous essayons d'inspirer confiance dans ce concept, nous n'essayons pas de faire des gros titres", dit Edward Luck.
Dans l'entourage de M. Kouchner, on précise que l'approche française se fonde sur "une interprétation extensive, et non littérale" du texte de l'ONU, "car ce que vivent les Birmans peut s'assimiler à un crime de masse. En Birmanie, les gens ne meurent plus du simple fait d'une catastrophe naturelle, mais d'un non-accès de l'aide résultant de décisions politiques" de la junte.
Selon l'un des architectes de la "Responsabilité de protéger", l'ancien ministre australien des affaires étrangères Gareth Evans, aujourd'hui président de International Crisis Group, l'initiative française présente le risque de "miner dramatiquement le soutien international à la grande cause que constitue la lutte contre les atrocités de masse". M. Evans a cependant estimé, dans un texte publié le 12 mai, que l'approche de M. Kouchner pouvait être plaidable "si le refus de procurer de l'aide à des centaines de milliers de personnes en danger réel et immédiat de mort peut être caractérisé comme un crime contre l'humanité". Un point qui, selon lui, peut être abondamment débattu par les juristes.
M. Evans, comme le fait l'entourage de M. Kouchner, se réfère en outre au rapport rendu en 2001 par la Commission internationale de l'intervention et de la souveraineté des Etats, qui, à l'initiative du Canada, avait codifié pour la première fois la "Responsabilité de protéger" - un concept que le ministre français a rapproché du "droit d'ingérence" qu'il défend depuis des années. Ce rapport évoquait la possibilité d'une intervention de la communauté internationale au cas où, face à une "catastrophe naturelle ou environnementale, l'Etat concerné refuserait, ou serait incapable, de faire face, ou de demander de l'aide, et un nombre significatif de vies seraient perdues ou menacées". Mais ce passage n'a pas été repris dans le texte approuvé par l'ONU en 2005, et ne s'inscrit donc pas dans un corpus de droit international.
Aussi les organisations de défense des droits de l'homme sont-elles réticentes à invoquer la "Responsabilité de protéger" dans le cas de la Birmanie. Amnesty International préfère se référer aux obligations contractées par la Birmanie au titre d'Etat partie à la Convention relative aux droits de l'enfant et signataire de l'accord de 2005 de l'Association des nations du Sud-Est asiatique (ASEAN) sur la "gestion des catastrophes et l'assistance d'urgence".