Bonsoir à tous !
Avant que ne mes cours ne commencent et que j'aie tout à coup moins de temps pour vous raconter tout en détail, je me dois au moins de finir le chapitre "vacances au Québec avec Guillaume".
Alors laissez-moi vous conter un épisode qui a été très marquant pour nous. Encore plus magique que toutes les fois où étant petits nous avons pu découvrir un 25 décembre au matin que le Père Noël ne nous avait pas oubliés... Notre rencontre avec les baleines du Saint-Laurent...
Pour cela, Guillaume et moi, motivés et bien excités d'avance, avons réussi à nous lever un matin à 5h pour prendre la route dès 5h30. J'avais lu que pour augmenter sa chance de rencontrer des baleines, il valait mieux se rendre à un certain endroit de la côte du Québec. Nous étions donc partis pour 3h de route le long du fleuve Saint-Laurent, avec pour objectif la baie Sainte Catherine. J'avais appelé 2 jours plus tôt un organisme spécialisé dans ce genre d'expéditions pour nous inscrire à l'excursion la plus adaptée aux amateurs de sensations fortes : un petit zodiaque nous attendait donc pour 9h du matin sur la baie Sainte-Catherine pour 3h d'aventures.
Nous avons pu voir le soleil se lever de bon matin, spectacle qui déjà laissait augurer de la merveilleuse matinée qui nous attendait :



Et puis nous sommes arrivés. Très vite, tout s'est enchaîné : nous devions nous préparer. Comme pour les rapides du Saint-Laurent, nous avons du rajouter plusieurs couches de vêtements sur nous, car il fait frette loin loin sur le Saint-Laurent. Et la métamorphose a été une fois encore radicale : à mi-chemin entre Charlie Chaplin et le bonhomme Michelin...


Vous me trouvez moche, hein? Et bien vous avez raison ! Je ressemble pas à grand chose là-dedans, mais c'était déjà plus esthétique que pour ma séance de jetboating sur le Saint-Laurent du côté de Montréal :

Et notre zodiaque est arrivé :

Encore plus petit que feu notre jetboat :

C'est des lumières pleins les yeux que nous avons pris vers 9h du matin la mer, ou en l'occurrence le fleuve... Mais ce fleuve est si vaste qu'il nous paraissait océan !

Et là, le rêve a commencé. En nous avançant toujours plus loin, une brume épaisse s'est progressivement formée (bien plus épaisse que pour la baie d'Ha Long du Vietnam !)... ça aurait pu être très romantique, mais en l'occurrence... on se pelait les miches et on avait très peu de visibilité :

Nous voguions à l'aveugle sur les flots, scrutant scrupuleusement l'horizon, en espérant qu'on regarderait au bon endroit au bon moment. Ayant les doigts frigorifiés, je me suis résolue à mettre de côté mon appareil photo. Toutes les apparitions sur la surface de l'eau étaient tellement fugaces que de toute façon les photos étaient difficiles à prendre. J'ai tout stocké dans ma tête, et savouré d'autant plus ce que j'ai eu la chance de voir que je me disais à chaque fois que c'était peut-être la dernière fois...
Le ciel s'est découvert par moments, et là, nous nous serions crus dans une folle expédition à la Cousteau : nous avons vu des phoques (oui bon d'accord, le premier je l'ai confondu avec une baleine... mais je découvre la nature, moi !)... jusqu'à ce qu'un rorqual (= environ 8 m pour 7 tonnes ou 23m pour 45 tonnes selon l'espèce) vienne se frotter contre notre zodiaque !!! Et à partir de là, ça a été Byzance... il y en avait partout, nous avions une bonne étoile au dessus de nous! Nous avons même vu une maman baleine venir respirer à la surface avec son petit ! C'était tellement fort... Et serein en même temps. Nous coupions parfois le moteur, nous n'entendions plus que le bruit du vent sur l'eau... et les brusques rejets d'eau que venaient faire les baleines à la surface. C'était irréel.
Et alors que nous n'en attendions pas tant, le conducteur du zodiaque nous a annoncé qu'on lui avait signalé la présence d'une baleine bleue dans les environs. LA baleine bleue. Le plus grand mammifère ayant jamais existé sur Terre. D'une taille de 25 à 31m, pour 80 à 130 tonnes. Nous ne voulions pas y croire. Mais si, nous sommes partis à la poursuite de cette baleine... à guetter les moindres mouvements de l'eau... à nous approcher au plus près des endroits que nous supposions être sur sa trajectoire. Guillaume était tellement excité qu'il a voulu ressortir à ce moment là l'appareil photo. Je lui ai dit "si par miracle la baleine bleue vient vers nous et que tu réussis à la prendre en photo durant les 4 secondes où elle sera à la surface, j'abandonne, je t'épouse". Et là je me suis dit qu'il y avait un destin...
Parce que majestueuse, elle est venue vers nous :

J'en étais bouche bée. Parfois certains spectacles se passent de tout commentaire. J'ai découvert que la baleine bleue était ... bleue. Un bleu magnifique. Splendide. Je ne connais pas d'adjectif qui puisse décrire ce bleu. Et je ne peux pas décrire comment Guillaume et moi nous sommes regardés à partir de là.
Nous n'avons pas vu de baleines beluga, mais qu'importe, c'était inespéré d'en voir tant! Mes propriétaires eux mêmes, du haut de leurs 70 ans, n'en ont jamais vu une seule ! Alors la fameuse baleine bleue, c'était incroyable...
Nous sommes rentrés, gelés, trempés, frigorifiés, mais tellement heureux !

Nous avons donc ensuite repris la route vers Québec, 3h de paysages d'une rare beauté pour couronner les belles émotions que nous avions eues le matin :


Ah ! Et on a même vu des caribous !

... mais seulement sur des panneaux que l'on croisait toutes les 5 minutes sur la route pour nous avertir de leur présence... Classique : la baleine bleue est venue tout naturellement se poser sous nos yeux, mais le caribou, animal le plus courant au Québec, qui représente la région comme le cerf est l'emblème de Pontcarré, ne nous est jamais apparu. Le destin a ses raisons que la raison ne connaît point...
Vous raconter tout ça m'a redonné des frissons sur tout le corps... Il est temps pour moi de rendre l'antenne.
Mission accomplie.