Ne nous arrêtons pas en si bon chemin... Après les raquettes au coeur de ce qui ressemblait bien à une toundra arctique, j'ai voulu voir le Massif du Sud sous un
autre angle : celui des pistes. Et là, sous vos applaudissements, je vous annonce que j'ai délaissé les snowblades pour les vrais skis... et que c'est venu tout seul ! Si !
Nancy, compagnonne du Club Laval, m'a rappelé les fondamentaux de la pointe de tarte (comprendre : chasse-neige), et en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, je suis passée aux
virages parallèles. Nancy a alors identifié mon point d'apprentissage majeur : apprendre à freiner tout en restant offensive sur les pistes. ça descendre, je sais faire... descendre vite, je sais
encore mieux faire... faucher des gamins en passant, je risque fort d'exceller ! La grande chance que nous avons eue dimanche dernier est que, justement, les pistes étaient quasiment désertes.
Or, il paraît que ce n'est pas toujours comme ça...
Vous ne pouvez pas savoir à quel point j'ai savouré... surtout quand à l'issue d'une remontée mécanique, j'ai appris que toutes les pistes venaient de fermer. Personne devant moi, personne
derrière moi... le gentil monsieur qui louchait, le fermeur de pistes, m'a laissé passer... J'AI EU UNE PISTE DE FOU POUR MOI TOUTE SEULE !!!!!!! Longue de 3,5 km qui plus est !
Sur une neige toute chantillyonesque, autrement dit, légère, frivole...
... une neige qui fait très mal aux cuisses et aux mollets en somme ! La débutante que je suis a vite pris conscience de la
nécessité de faire corps avec ses skis, pour pouvoir "intuiter", et glisser sans risquer qu'ils ne se téléscopent. On dirait pas comme ça, mais c'est pas forcément évident de décoller les yeux de
ses skis la première fois qu'on les chausse. Non, mes yeux, j'ai préféré les maintenir bien levés... Pour voir tout ça :
Nota Bene : les codes d'accessibilité des pistes ne sont pas les mêmes qu'en France. Ici (aussi logique que la notation de mon MBA sur 4.33, et non sur 100 ou
sur 20 comme tout le monde), le premier niveau est défini par un rond vert. Le rond vert, c'est "facile". Puis, nous passons au carré bleu. Le carré bleu, c'est "difficile". Vient ensuite le
losange noir, qui veut dire "très difficile". Et enfin, nous avons le sigle deux losanges noirs, qui signifie "extrême". Vous voyez-tu où je veux en venir ? Entre "facile" et "difficile", rien,
quechi walloo ! Après "facile", c'est carrément la foire à la saucisse, on augmente d'un cran jusqu'au seuil "danger mortel". D'où mon amusement certain devant les avertissements
affichés ici et là à l'attention des friands de losanges noirs :
"Amenez un ami avec vous". Et pourquoi pas... "Téléphonez à vos proches pour leur dire une dernière fois que vous les aimez". "Vérifiez que vous avez bien sur vous
votre carte de donneur d'organes". "Prendre une piste extrême sans avoir fait son testament, c'est ballot". "Avec une jambe en moins, la vie est plus belle". "Prenez ce chemin, et vous
ne terminerez jamais votre essai". Vous me m'en voudrez pas, je vais pour le moment me cantonner aux ronds verts. Surtout que c'est faire d'une pierre deux coups : en effet,
le rond vert englobe les pistes signalées en France comme vertes et bleues. Dans l'inconscient collectif québécois, on doit partir du principe que tout enfant né sur cette terre a un
sens inné de la glisse et peut direct skier sur du bleu, tout comme les bébés brésiliens se voient injectés en intraveineuse les gènes de la samba. Chose étonnante : je suis plus un bébé
portugais qu'un bébé québécois. Je vais donc attendre un peu avant d'attaquer les carrés bleus... J'y vais pole pole comme on dit au Kenya.
La cerise sur le sundae de cette journée, placée sous le signe du grand air, ça a encore été le bon esprit du groupe qui m'accompagnait. Si la veille, le Québec avait été à l'honneur,
ce jour-là, c'est l'Europe qui fut représentée en masse... ci-dessous avec Maike et Frieda (tu m'en veux pas Friederike, à partir d'aujourd'hui, je t'appelle Frieda !) :
Un grand merci à Gilbert, seul entre toutes ces femmes... Et un québécois qui jongle une journée entière avec une néerlandaise, deux françaises et deux
allemandes, mérite, au minimum, qu'on lui témoigne sa reconnaissance...
.... je vous entends d'ici : non, il n'est ni portugais ni italien. Quoique... je vais quand même mener mon enquête.
Conclusion : elle est pas belle la vie?